Monter son LAB: suite

La plus grande richesse du FabLab est le savoir-faire et les connaissances de ses membres. Il est donc important d’encourager, d’entretenir et d’animer la communauté. Les ateliers et workshops permettent également de découvrir de nouveaux sujets ensemble. Documenter permet de partager entre membres, entre Fablabs, et avec la communauté au sens large.

Au cœur des FabLabs, un public divers échange et communique sur des projets. La présence de cette diversité des connaissances et des expériences favorise le dynamisme de la communauté et la confiance qui naissent dans ces lieux. Cette dernière permet la diffusion et le partage des savoirs.

Dans les FabLabs, un grand nombre de compétences et de connaissances sont à disposition des utilisateurs. En effet, des formations sont organisées au sein même des lieux afin de permettre aux personnes souhaitant utiliser certaines machines ou logiciels de le faire en toutes connaissances.

Des experts et des professionnels peuvent également prodiguer leurs conseils et leurs savoirs en éduquant la communauté sur un projet permettant ainsi d’améliorer ce dernier. Ils peuvent également organiser des formations sur des sujets particuliers relatifs à un thème précis.

Les personnes responsables de ces lieux ont également un rôle considérable à jouer pour la transmission des valeurs et favoriser les échanges entre les personnes fréquentant les FabLabs. En effet, leur connaissance de la communauté permet de mettre en relation les membres qui peuvent être les plus pertinents pour l’aide au projet des créateurs. Ils favorisent l’impulsion des démarches de création, tout en offrant un accompagnement complet grâce à la multitude des compétences de chacun présent au sein de cette dernière. Ils peuvent aussi apporter un regard neuf, créatif et innovant sur des projets différents.

De plus l’ensemble des projets réalisés au sein du FabLab sont pour la plupart du temps en open source créant une dynamique de partage et favorisant la collaboration sur les projets.

Source: http://movilab.org/index.php?title=Mod%C3%A8le_%C3%A9conomique_d%27un_FabLab

ici montreuil

L’atelier textile chez ICI Montreuil (crédit photo : Julien Dominguez)

Il est également important de s’insérer dans la communauté nationale et internationale des fablabs, pour échanger sur les bonnes pratiques, discuter des problèmes rencontrés, des solutions mises en place, et partager les bons plans de chacun. Disposer d’une ou plusieurs personnes relais peut être une bonne solution : cette personne peut établir et conserver des contacts avec ses homologues dans différentes structures voisines et/ou similaires, et encourager le fonctionnement en réseau des différentes structures.

Autant le dire tout de suite, si vous souhaitez devenir riche, il est peu probable que vous le deveniez en ouvrant fablab. Cependant, voici quelques éléments concernant les modèles économiques qu’on rencontre dans les labs.

Les charges d’un Fablab peuvent varier en fonction de son modèle et de son fonctionnement.

La plupart du temps, il faut prendre en compte le paiement d’un loyer, des charges (eau, électricité, chauffage, internet…), des consommables (pièces de rechange, outils de coupe, filament…), des équipements tels que les machines et ordinateurs, ou tout simplement des chaises et des tables.

L’investissement en matériel peut s’avérer très lourd. La Fab Foundation propose par exemple une liste des machines et outils à avoir au sein d’un Lab. L’investissement s’élève à entre 25 000$ et 65 000$ pour l’équipement et 15 000$ et 40 000$ pour les consommables. Pour retrouver la liste de la Fab Foundation (en anglais).

Certains Makers s’intéressent justement à la question de l’investissement matériel.

Bart Bakker, à l’aise dans son Minifablab à Utrecht. © DBart Bakker, à l’aise dans son Minifablab à Utrecht. © DBart Bakker, à l’aise dans son Minifablab à Utrecht. © DR

C’est le cas de Bart Bakker du Lab d’Utrecht. Depuis plusieurs années, il s’intéresse aux machines abordables pour équiper de petits fablabs, modestes par la taille et par les moyens financiers. Son projet s’étoffe au fil des FAB X. Il a d’abord réussi à équiper un fablab avec toutes les machines requises dans la liste MIT pour 10 000 dollars US seulement, et est ensuite intervenu au FABX de Shenzhen sur comment équiper un fablab pour seulement $2000 dollars !

Concernant le personnel, certaines structures fonctionnent avec des bénévoles et avec un ou plusieurs employés pour ouvrir et animer le lieu.

Ainsi, même en réduisant les coûts au minimum, il est extrêmement difficile de créer un lieu autonome financièrement : la plupart des labs actuels ont soit un local qu’ils ne payent pas, ou du matériel qui leur est prêté, voire n’ont aucun budget en propre ou sont financés uniquement par des subventions.

Il existe donc de nombreuses pistes de revenus à explorer, qui peuvent être combinées entres elles. En voici quelques-unes :

      • Les contributions des membres : Avec ce modèle, il est important de trouver un bon équilibre. En effet, la contribution des membres doit être suffisamment faible pour ne pas décourager et présenter une barrière à l’entrée, mais assez élevée pour permettre de faire vivre le Lab. Celle-ci peut être annuelle ou mensuelle, et se fait généralement sous forme d’adhésion à une association. Là où certains abonnements mensuels tournent autour de 100$ aux États-Unis, peu de structures en France dépassent les 20€ mensuels pour les particuliers. Les entreprises, qui ont des moyens et des besoins plus grands, pourront souvent payer plus cher.
      • Faire payer l’utilisation des machines : Faire fonctionner une machine a un coût : en temps bénévole/employé pour l’accompagnement à l’usage, les réparations et l’entretien, en électricité et en consommables, et la machine elle-même doit éventuellement être amortie. Ainsi, certains labs ont choisi de faire payer l’utilisation à l’heure, ou au forfait de leurs machines. Cela peut être à la place ou en complément de l’adhésion annuelle ou mensuelle.
      • Vendre des prestations : Un lab permet aussi de vendre des prestations externes. En effet, il est possible de commercialiser des formations, de louer l’utilisation du lab pour des événements ou des projets, de vendre des prestations d’accompagnement au prototype ou des objets produits par le lab. Cela peut être une bonne source de revenus, mais c’est également une dépense de temps et d’énergie pour ceux qui auront à s’en occuper.
      • Les subventions : Le lab fournit un service conséquent à la communauté : animation, éducation, innovation, création d’activité. Il est courant que les collectivités (ville, région, Conseil général et autres) lancent des appels à projets pour encourager ce genre d’initiatives, voire les soutiennent plus durablement. Même si rechercher ce genre de financement est souvent chronophage, cela peut être adéquat. Demandez de l’aide à d’autres labs ou associations locales, et contactez les financeurs publics directement afin de ne pas rater d’opportunités.
      • Le mécénat et le sponsoring : Certaines entreprises ont une activité en résonance directe avec l’esprit ou l’activité des Fablabs, il est possible qu’elles soient prêtes à l’encourager, parfois sans contrepartie, parfois pour des questions d’image. C’est par exemple le cas de la Fondation Orange qui soutient la création de Fablab Solidaire depuis plusieurs années.
      • Le financement participatif : Le financement participatif ou crowdfunding est souvent sollicité par les entrepreneurs-makers pour finaliser le développement de leurs prototypes et lancer la production des premières séries. Ce système de transaction financière, fonctionnant par l’intermédiaire d’une plateforme, fait appel aux communautés en ligne et aux contributions de particuliers. En retour de leurs dons et selon leur montant, les contributeurs reçoivent le produit et/ou des contreparties, comme un tarif spécial, des cadeaux ou encore la personnalisation de l’objet. Les principales plateformes utilisées par les entrepreneurs-makers sont Ulule, Kickstarter, Indiegogo et Kiss Kiss Bank Bank mais il en existe de nombreuses, dans tous les domaines.

D’une manière générale, comme sur tout projet entrepreneurial, garder un budget équilibré, et conserver un fond de roulement sont deux prérequis pour éviter problèmes et blocages.

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