Devenir Entrepreneur Maker: fin

Les options de financement

Vous avez défini le business model, élaboré votre stratégie. Il s’agit maintenant de réunir les capitaux nécessaires pour financer les différents besoins durables identifiés dans les étapes précédentes. Plusieurs sources de financement sont possibles :

  • L’apport personnel
  • La “Love money” : la famille, les amis, …
  • Le financement participatif (“crowfunding”) : souvent sollicité par les entrepreneurs-makers pour finaliser le développement de leurs prototypes et lancer la production des premières séries. Ce système de transaction financière, fonctionnant par l’intermédiaire d’une plateforme, fait appel aux communautés en ligne et aux contributions de particuliers. En retour de leurs dons et selon leur montant, les contributeurs reçoivent le produit et/ou des contreparties, comme un tarif spécial, des cadeaux ou encore la personnalisation de l’objet. Les principales plateformes utilisées par les entrepreneurs-makers sont Ulule, Kickstarter, Indiegogo et Kiss Kiss Bank Bank mais il en existe de nombreuses, dans tous les domaines.
  • Les organismes privés (les banques, certaines associations ou fonds spécifiques d’aide aux créateurs d’entreprise, les sites de crowdfunding, etc.).
  • Les organismes publics (L’Etat, les régions, les départements, BPI France, etc.).

Les Fabriques du Ponant, fablab brestois, met aujourd’hui l’accent sur les animations réalisées dans les écoles afin de financer ses activités.

Tous ces financements dépendent souvent de la nature de votre projet, du montant de votre besoin en financement mais aussi de votre implantation géographique.

Certains fablabs offrent un accompagnement dédié aux porteurs de projet avec la mise à disposition d’expertise sur la phase de prototypage, mais aussi l’accompagnement à la création de votre structure et aux solutions de financement.

Une fois son projet amorcé et sa structure montée, il existe aussi une multiplicité de concours pour start-ups, qui permettent de se faire connaître, de rencontrer des investisseurs potentiels, de générer un peu de couverture presse et de récupérer éventuellement un prix en espèces ou en nature (accompagnement, services, projets). (source Guide des Startups High-Tech en France, Olivier Ezratty, p.337). Par exemple, le Grand Prix de l’Innovation de la Ville de Paris est doté de 125 000 euros et propose une place dans l’un des incubateurs municipaux pour les finalistes. Il y a pour chaque édition plus de 400 candidats. https://www.grandsprixinnovation.paris/

Un exemple de parcours d’entrepreneur-maker multicasquettes : Ilann Adjedj et sa peluche connectée APIdou

Ilann Adjedj et sa peluche connectée APIdou lors du lancement de la formation « S’initier à la fabrication numérique » chez Draft Ateliers, le 30 mai 2017. © Makery

 Ilann Adjedj, 25 ans, est développeur et électronicien, mais pas que. Cet ancien étudiant ingénieur du son, reconverti au code grâce à ses études à l’École 42, est aussi animateur pour enfants depuis plusieurs années (Telligo, Les Petits Débrouillards, etc.). Avec Rémi Bouton, journaliste et formateur dans les cultures numériques, ils ont eu l’idée de créer APIdou, un jouet connecté pour permettre aux enfants de découvrir les mondes numériques sans écrans. Cette peluche, conçue pour les bambins de plus de 3 ans, comprend une interface numérique. Elle capte le toucher, le mouvement et communique en vibrant. En touchant ses zones colorées, en la remuant ou avec des câlins, un enfant peut générer des interactions simples avec des objets connectés, des jeux ou des applications.

L’idée d’APIdou est née lors de la première édition des Culture Experience Days, des week-ends de création en mode hackathon organisés par l’Adami, la société qui gère les droits des artistes-interprètes. Leur souhait était de créer une interface permettant aux tout-petits d’interagir sans écrans lors de spectacles. Ils ont alors décidé de continuer l’aventure tout en l’élargissant à d’autres domaines. Bercés par la culture maker et DiY, ils ont rapidement souhaité offrir à tous la possibilité de créer applications et objets compatibles, d’où la mise à disposition d’une API (c’est-à-dire une interface de programmation)… Et le nom APIdou.

APIdou. © Makery

« Au départ, nous avons simplement créé une association, car cela te permet d’avoir rapidement une personnalité morale et un compte bancaire, explique Ilann. Nous avons très vite décidé de postuler à des concours. Car remplir ces dossiers de candidature, même si on ne remporte pas le concours, permet de se structurer au niveau business :  expliquer son projet, quel marché tu vises, qui fait quoi, tes canaux de distribution, quelle est ta cible, etc. »

C’est ainsi que l’équipe a postulé au concours d’inauguration de la Cité de l’Objet Connecté à Angers, dont ils ont été lauréats. Grâce à ce prix, ils ont bénéficié d’un accompagnement technique complet sur l’électronique et la pré-industrialisation des parties plastiques et textiles. Armés d’un nouveau prototype complet et fonctionnel, ils ont sorti une première série d’une vingtaine d’exemplaires. À leur tour, ils ont organisé un hackathon avec l’Adami pour lancer un bêta-test puis présenter APIdou sur différents salons (Futur en Seine, Startup For Kids, Maker Faire Paris, etc).

Les retours des premiers utilisateurs leur ont ainsi permis de corriger la partie technique et de réfléchir aux correctifs de design à apporter. Ils ont alors travaillé avec le Collectif BAM, un collectif de designers spécialisés dans les problématiques liées au numérique collaboratif. Et pour peaufiner la conception technique des peluches, Ilann travaille chez Draft Ateliers avec Quentin Billey.

« L’entreprenariat, c’est se lancer dans l’inconnu, dit Ilann. J’avais 23 ans et j’étais encore étudiant à l’école 42 quand est né APIdou. Depuis un an et demi, j’avance en autofinançant mon projet, mais j’ai la chance d’avoir un soutien familial formidable. Monter une entreprise amène les gens à faire 10 000 choses différentes en plus de leur métier d’origine. Aujourd’hui, la partie code de mon travail est minime, mais c’est le jeu, car il ne faut pas avoir peur d’apprendre à faire autre chose que son métier. Le matin, je fais un flyer, l’après-midi, je rencontre des journalistes par exemple, et le soir, je fais de la découpe laser chez Draft Ateliers. Aujourd’hui, les profils de couteau suisse vont limite devenir obligatoires, en tout cas dans les start-ups. Ca me permet aussi de dialoguer de manière crédible avec des experts, quels que soient leurs domaines de compétences. »

Le 31 mai 2017, ils ont lancé leur campagne de financement participatif sur Ulule, avec un objectif de 20 000 euros de collecte de dons. Ce financement participatif va leur servir à finaliser la phase de R&D et d’industrialisation, à fabriquer la première série puis à faire les tests en laboratoire pour confirmer toutes les normes de sécurité ainsi qu’à financer les frais de campagne, les contreparties et la TVA.

« Après l’association, on a monté une SAS pour la phase de crowdfunding, car on est amené à dépenser plus d’argent aussi, précise Ilann. On a eu une presta qui est tombée un peu de nulle part pour faire des objets connectés. Cette somme nous a aidé à nous financer pendant un an. L’Adami aussi nous a donné un coup de main avec un suivi de parcours suite au Culture Experience Days, accompagné de 3 mois chez Draft Ateliers qu’ils ont financés.  Je connaissais déjà Draft Ateliers pour leurs imprimantes textile. Maintenant, ça fait un an que j’y vais. Là-bas, je peux taper sur l’épaule de la graphiste à côté pour avoir son avis sur mon flyer. Et lendemain, si sa tablette est en panne, je peux la lui réparer. C’est une vraie rupture de l’isolement. »

 
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